
Ce 20 Décembre 2021, marque les 20 ans de la disparition du poète président Léopold Sedar Senghor. Né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal, il s’est éteint à l’âge de 95 ans, loin de son village natal, sur la Petite Côte à quelque 120 km de Dakar. Endroit, où il a été enterré cette année, selon son souhait, dans le caveau familial qu’il a lui-même fait aménager.
Poète, écrivain, homme politique sénégalais et premier Président de la République du Sénégal (1960-1980), il est aussi le premier africain à siéger à l'Académie française. Son amour de la langue française, Léopold Sédar Senghor le doit aux missionnaires de Joal.
En effet, c’est à l’âge de 8 ans, que le jeune garçon est confié aux pères de la mission catholique de Joal, prélude à l’internat de la mission de Ngasobil, administrée par les Pères du Saint Esprit.
Celui dont le nom signifie en sérère « qui ne peut être humilié » (Sédar), découvre la langue française avec le père Dubois. Il apprend en plus de la langue de Molière, le latin et le wolof.
Bon élève, il réussit le baccalauréat, notamment grâce au français et au latin. Le directeur du lycée et ses professeurs recommandent de l’envoyer poursuivre ses études en France. Il obtient une demi-bourse de l'administration coloniale et quitte pour la première fois le Sénégal à l'âge de 22 ans. Senghor arrive à Paris en 1928. Cela marque le début de « seize années d’errance », selon ses dires. Il étudie en classes préparatoires littéraires au lycée Louis Le Grand et obtient en 1931 une licence en lettres.
Un héritage littéraire immense
De son héritage littéraire, il y a beaucoup à dire. Il est immense estime l’ancien journaliste du MondeJean-Pierre Langellier, auteur d’une biographie qui suit par monts et par vaux l’itinéraire de cet homme « qui vivait l’Europe en Africain et qui interrogeait l’Afrique à la lumière de l’Occident ».
En effet, Léopold Sédar Senghor fut le seul écrivain du XXe siècle à ne pas avoir cessé d’écrire pendant 60 ans. Seul Victor Hugo au XIXe siècle fut productif sur une aussi longue période. Les oeuvres de Senghor ont un regain d’intérêt ces dernières années. Pour preuve, depuis 1999, les œuvres de Senghor sont au programme du baccalauréat.
Depuis quelques années, ses poèmes sont étudiés en incluant cette fois-ci, la culture sérère et wolof de Senghor qui se traduit par la rythmique de ses vers. En prenant en compte la culture de l'auteur, elle permet de redonner aux mots, leur couleur originelle.
De son œuvre on peut observer trois grands moments de sa vie qui se répercutent dans ses écrits : le le retour aux civilisations africaines, le métissage et l'universalité.
Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire et qui lui vaut le surnom de « Président-Poète », est construite sur l'espoir de créer une Civilisation de l'Universel, fédérant les traditions par delà leurs différences. Il a approfondit le concept de négritude, notion introduite par Aimé Césaire.
Ses textes, on influencé dès la fin des années 1940, la génération d'intellectuels africains qui lui succédait, notamment Alioune Diop. Aujourd’hui, on retrouve son empreinte dans le parcours de Mbougar Sarr, lauréat du Prix Goncourt 2021.
En effet, ce dernier a étudié à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, ses recherches portaient sur cette grande voix de la littérature africaine et chantre de la «négritude» qu’est Léopold Sedar Senghor. Malheureusement, selon le jeune auteur, il n’a pas pu terminé sa thèse car il écrivait beaucoup.
Retour sur ses distinctions et prix
Léopold Sédar Senghor a eu de nombreux prix et distinctions sur le plan littéraire et culturel. Il est médaille d’or de la langue française, grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française. Le poète est médaille d’or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld. Il a remporté le grand prix littéraire international Rouge et Vert, le prix de la Paix des libraires allemands, le prix littéraire de l’Académie internationale des arts et lettres de Rome, le grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute, le prix Guillaume Apollinaire.
Senghor a aussi reçu la distinction de prince en poésie en 1977, décerné par l’association littéraire française L'Amitié par le livre.
A son tableau, on y retrouve également le prix Cino del Duca ; le prix international du livre, attribué par le Comité international du livre, le Prix pour ses activités culturelles en Afrique et ses œuvres pour la paix, décerné par le président Sadate.
Loin de s’en arrêter là, Senghor a aussi reçu la prestigieuse médaille d’or de la CISAC, le premier prix mondial Aasan, le prix Alfred de Vigny, le prix Athénaï, à Athènes, le prix international du Lion d’or, à Venise, le prix Louise Michel, à Paris, le prix du Mont-Saint-Michel, aux Rencontres poétiques de Bretagne et enfin le prix Intercultura, à Rome.
Le fils de Basile Diogoye Senghor est docteur honoris causa de trente-sept universités, dont Paris-Sorbonne, Strasbourg, Louvain, Bordeaux, Harvard, Ifé, Oxford, Vienne, Montréal, Francfort, Yale, Meiji, Nancy, Bahia et Evora.
Senghor a aussi été membre correspondant de l'Académie bavaroise en 1961, membre associé de l’Académie des sciences morales et politiques, membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, membre de The Black Academy of Arts and Letters, membre de l’Académie Mallarmé ; membre de l’Académie du royaume du Maroc.
Pour terminer, il est élu à l’Académie française, le 2 juin 1983, au fauteuil du duc de Lévis-Mirepoix (16e fauteuil).
Ses phrases célèbres
Amoureux et souteneur de la francophonie, dont il fut vice-président du Haut-Conseil de la Francophonie, Senghor est l'auteur de l'article fondateur « le français langue de culture ».
De là, est extraite cette définition : «La Francophonie, c'est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre».
L’autre phrase de l’enfant de Gnilane Ndieme Bakhoum, qui a marqué l’humanité est la suivante: "L'émotion est nègre, comme la raison est hellène". Une célèbre phrase qui va susciter une véritable levée de boucliers. La critique la plus acerbe viendra de Marcien Towa, penseur camerounais. Dans un opuscule intitulé Léopold Sédar Senghor : négritude ou servitude ?
Il y a également cette citation: "Assimiler pour ne pas être assimilé". Par ces mots, il exhorte la jeunesse africaine à assimiler tout ce qui provient de la culture antique et à élever ce savoir à un niveau nouveau qui était autrefois inaccessible aux personnes issues de la société antique.
Enfin, nous terminons avec ce dicton de l’époux de la défunte Colette Sengor : "La civilisation de l'universel". Il émane de la célèbre théorie senghorienne d'assimilation et d'ouverture, du donner et du recevoir.
Poète, écrivain, homme politique sénégalais et premier Président de la République du Sénégal (1960-1980), il est aussi le premier africain à siéger à l'Académie française. Son amour de la langue française, Léopold Sédar Senghor le doit aux missionnaires de Joal.
En effet, c’est à l’âge de 8 ans, que le jeune garçon est confié aux pères de la mission catholique de Joal, prélude à l’internat de la mission de Ngasobil, administrée par les Pères du Saint Esprit.
Celui dont le nom signifie en sérère « qui ne peut être humilié » (Sédar), découvre la langue française avec le père Dubois. Il apprend en plus de la langue de Molière, le latin et le wolof.
Bon élève, il réussit le baccalauréat, notamment grâce au français et au latin. Le directeur du lycée et ses professeurs recommandent de l’envoyer poursuivre ses études en France. Il obtient une demi-bourse de l'administration coloniale et quitte pour la première fois le Sénégal à l'âge de 22 ans. Senghor arrive à Paris en 1928. Cela marque le début de « seize années d’errance », selon ses dires. Il étudie en classes préparatoires littéraires au lycée Louis Le Grand et obtient en 1931 une licence en lettres.
Un héritage littéraire immense
De son héritage littéraire, il y a beaucoup à dire. Il est immense estime l’ancien journaliste du MondeJean-Pierre Langellier, auteur d’une biographie qui suit par monts et par vaux l’itinéraire de cet homme « qui vivait l’Europe en Africain et qui interrogeait l’Afrique à la lumière de l’Occident ».
En effet, Léopold Sédar Senghor fut le seul écrivain du XXe siècle à ne pas avoir cessé d’écrire pendant 60 ans. Seul Victor Hugo au XIXe siècle fut productif sur une aussi longue période. Les oeuvres de Senghor ont un regain d’intérêt ces dernières années. Pour preuve, depuis 1999, les œuvres de Senghor sont au programme du baccalauréat.
Depuis quelques années, ses poèmes sont étudiés en incluant cette fois-ci, la culture sérère et wolof de Senghor qui se traduit par la rythmique de ses vers. En prenant en compte la culture de l'auteur, elle permet de redonner aux mots, leur couleur originelle.
De son œuvre on peut observer trois grands moments de sa vie qui se répercutent dans ses écrits : le le retour aux civilisations africaines, le métissage et l'universalité.
Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire et qui lui vaut le surnom de « Président-Poète », est construite sur l'espoir de créer une Civilisation de l'Universel, fédérant les traditions par delà leurs différences. Il a approfondit le concept de négritude, notion introduite par Aimé Césaire.
Ses textes, on influencé dès la fin des années 1940, la génération d'intellectuels africains qui lui succédait, notamment Alioune Diop. Aujourd’hui, on retrouve son empreinte dans le parcours de Mbougar Sarr, lauréat du Prix Goncourt 2021.
En effet, ce dernier a étudié à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, ses recherches portaient sur cette grande voix de la littérature africaine et chantre de la «négritude» qu’est Léopold Sedar Senghor. Malheureusement, selon le jeune auteur, il n’a pas pu terminé sa thèse car il écrivait beaucoup.
Retour sur ses distinctions et prix
Léopold Sédar Senghor a eu de nombreux prix et distinctions sur le plan littéraire et culturel. Il est médaille d’or de la langue française, grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française. Le poète est médaille d’or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld. Il a remporté le grand prix littéraire international Rouge et Vert, le prix de la Paix des libraires allemands, le prix littéraire de l’Académie internationale des arts et lettres de Rome, le grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute, le prix Guillaume Apollinaire.
Senghor a aussi reçu la distinction de prince en poésie en 1977, décerné par l’association littéraire française L'Amitié par le livre.
A son tableau, on y retrouve également le prix Cino del Duca ; le prix international du livre, attribué par le Comité international du livre, le Prix pour ses activités culturelles en Afrique et ses œuvres pour la paix, décerné par le président Sadate.
Loin de s’en arrêter là, Senghor a aussi reçu la prestigieuse médaille d’or de la CISAC, le premier prix mondial Aasan, le prix Alfred de Vigny, le prix Athénaï, à Athènes, le prix international du Lion d’or, à Venise, le prix Louise Michel, à Paris, le prix du Mont-Saint-Michel, aux Rencontres poétiques de Bretagne et enfin le prix Intercultura, à Rome.
Le fils de Basile Diogoye Senghor est docteur honoris causa de trente-sept universités, dont Paris-Sorbonne, Strasbourg, Louvain, Bordeaux, Harvard, Ifé, Oxford, Vienne, Montréal, Francfort, Yale, Meiji, Nancy, Bahia et Evora.
Senghor a aussi été membre correspondant de l'Académie bavaroise en 1961, membre associé de l’Académie des sciences morales et politiques, membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, membre de The Black Academy of Arts and Letters, membre de l’Académie Mallarmé ; membre de l’Académie du royaume du Maroc.
Pour terminer, il est élu à l’Académie française, le 2 juin 1983, au fauteuil du duc de Lévis-Mirepoix (16e fauteuil).
Ses phrases célèbres
Amoureux et souteneur de la francophonie, dont il fut vice-président du Haut-Conseil de la Francophonie, Senghor est l'auteur de l'article fondateur « le français langue de culture ».
De là, est extraite cette définition : «La Francophonie, c'est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre».
L’autre phrase de l’enfant de Gnilane Ndieme Bakhoum, qui a marqué l’humanité est la suivante: "L'émotion est nègre, comme la raison est hellène". Une célèbre phrase qui va susciter une véritable levée de boucliers. La critique la plus acerbe viendra de Marcien Towa, penseur camerounais. Dans un opuscule intitulé Léopold Sédar Senghor : négritude ou servitude ?
Il y a également cette citation: "Assimiler pour ne pas être assimilé". Par ces mots, il exhorte la jeunesse africaine à assimiler tout ce qui provient de la culture antique et à élever ce savoir à un niveau nouveau qui était autrefois inaccessible aux personnes issues de la société antique.
Enfin, nous terminons avec ce dicton de l’époux de la défunte Colette Sengor : "La civilisation de l'universel". Il émane de la célèbre théorie senghorienne d'assimilation et d'ouverture, du donner et du recevoir.
10 Commentaires
Sur le registre politique, Senghor n'a jamais été ma tasse de thé. Toutefois, je peux lui reconnaître une chose qui n'a pas de prix à mes yeux: l'école avait une valeur ajoutée avec lui et cela beaucoup d'enfants de ma génération en ont profité. De son temps, le verbe ne faisait pas que traduire une action ou un état. Il recelait aussi un état d'esprit qui nous diffèrent de l'espèce animal.Je serais curieux de savoir quel est l'âge de tous ceux qui s'acharnent sur quelqu'un qui n'a pas été leur contemporain. Comment peut-on jeter au feu un homme politique dont la stabilité était due à des guides religieux plus que vénérés aujourd'hui, à juste titre. Il y en avait même un qui disait: "Senghor, comme zinc, toujours si kaw".Vous noterez donc que je ne juge pas le rejet. C'est simplement que je ne comprends pas pourquoi lui et pas tous ceux qui l'ont installé aussi longtemps à la tête de notre destinée. Je ne parle pas des "anciens colons" qui ne votaient plus chez nous.Le vrai débat d'idées, c'est celui qui ne fait pas place à l'insulte ou au mépris.
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En Décembre, 2021 (13:45 PM)Reply_author
En Décembre, 2021 (14:18 PM)Reply_author
En Décembre, 2021 (14:30 PM)@14:18
Moi, je suis d'une génération qui a grandi avec la littérature de Senghor. Donc ce n'est pas trois ou quatre que nous étions à lire, comprendre et aimer ses écrits. Bien évidemment, le temps faisant son œuvre, beaucoup sont partis et les nouvelles générations se sentent moins concernées. Doit-on leur en faire grief ? Je ne crois pas. Par contre, on peut exiger d'elle bienveillance à défaut de respect. Du brevet au Bac, chaque fois que suis tombé sur une de ses œuvres, j'ai fait carton plein et je l'en remercie.
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En Décembre, 2021 (14:33 PM)Je rajouterai que ce n'est pas la poésie de Senghor qui est déconnecté de la culture sénégalaise, ce sont les nouvelles générations de sénégalais qui se sont éloignées d'une culture d'antan. On appelle cela «évolution », à ce qu'il paraît.
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En Décembre, 2021 (18:02 PM)Yeet
En Décembre, 2021 (14:16 PM)Reply_author
En Décembre, 2021 (17:11 PM)Quand On N’apprend Le Peuple……
En Décembre, 2021 (16:35 PM)senghor a marqué son temps d'être marionnette de la France et trahirant Mamadou Dia qui l'espoir du Sénégal et l'Afrique entière
il a toujours à étouffé les intellectuels sénégalais tel que cheikh Anta Diop etc
il a créé la bourgeoisie marboutique et la bourgeoisie griotique
très sincèrement nous avons assez de Senghor
malgré tout merci de nous avoir rappelé un franco-Sénégalais qui défendu toute sa vie de la France en Afrique
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En Décembre, 2021 (17:02 PM)Reply_author
En Décembre, 2021 (17:05 PM)Yagg Seneweb
En Décembre, 2021 (18:05 PM)Et celui qui parle plus haut de sa poésie déconnectée de notre culture n'a que trop raison.
Je suis un gros passionné de lecture mais je ne connais pa pas par coeur le plus petit de ses poèmes.
Femme Noire
En Décembre, 2021 (18:55 PM)Femme nue, femme noireVétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beautéJ'ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeuxEt voilà qu'au cœur de l'Eté et de Midi,Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calcinéEt ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigleFemme nue, femme obscureFruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma boucheSavane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'EstTamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueurTa voix grave de contralto est le chant spirituel de l'AiméeFemme noire, femme obscureHuile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du MaliGazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moireA l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.Femme nue, femme noireJe chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'EternelAvant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.Léopold Sédar Senghor, Chants d'ombre
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